Rapport annuel 2025

Notre portrait financier

Notre portrait financier

La situation financière de Postes Canada s’est considérablement détériorée en 2025. En effet, l’incertitude entourant le conflit de travail a pesé sur l’entreprise, et des règles et des cadres imposés depuis des décennies ont continué de nuire à la croissance et à la capacité de la Société de rivaliser avec la concurrence. La Société a enregistré une perte avant impôt de 1,57 milliard de dollars en 2025, soit 728 millions de dollars de plus que la perte avant impôt de 841 millions de dollars affichée en 2024. C’est la perte la plus importante jamais enregistrée par l’entreprise.

La gravité de la situation financière de Postes Canada souligne l’urgence de la transformation et des réformes proposées. En s’appuyant sur les projets de règlement conclus avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et la décision du gouvernement fédéral de lever d’anciennes restrictions réglementaires et stratégiques, Postes Canada doit se transformer pour retrouver sa viabilité financière et bâtir un service postal moderne pour la population canadienne.

Transparence et normes mondiales pour nos rapports financiers

Postes Canada prépare ses états financiers conformément aux normes comptables IFRS publiées par l’International Accounting Standards Board, la norme mondiale pour l’information financière. Nos états financiers font l’objet d’une vérification conjointe par des tiers indépendants, y compris l’un des quatre principaux cabinets comptables et le Bureau du vérificateur général du Canada. Les personnes qui effectuent les audits ont un accès complet et illimité à nos données. Elles doivent faire preuve d’indépendance et de professionnalisme, et respecter les autres exigences des normes d’audit généralement reconnues du Canada.

Des pertes qui découlent de changements majeurs dans le secteur des postes

Les pertes cumulatives avant impôt de Postes Canada ont atteint 5,4 milliards de dollars entre 2018 et 2025. L’évolution rapide des secteurs de la livraison des lettres et des colis, ainsi que les anciennes restrictions qui ont nui à la modernisation et à la compétitivité de l’entreprise, sont à l’origine de ces pertes.

Les pertes d’exploitation de la Société en 2025 s’élevaient à 1,62 milliard de dollars, contre une perte d’exploitation de 1,29 milliard de dollars en 2024, ce qui correspond à une hausse de 334 millions de dollars. Depuis 2018, les pertes d’exploitation cumulatives ont atteint plus de 6,1 milliards de dollars. Pour les périodes de comparaison, les pertes d’exploitation excluent les revenus découlant de la cession d’Innovapost Inc. et de Groupe SCI inc. par Postes Canada en 2024.

Résultat avant impôt du secteur Postes Canada

(en millions de dollars)

Résultat avant impôt du secteur Postes Canada, en dollars: profit de 55 millions en 2016, profit de 76 millions en 2017, perte de 276 millions en 2018, perte de 153 millions en 2019, perte de 779 millions en 2020, perte de 490 millions en 2021, perte de 548 millions en 2022, perte de 748 millions en 2023, perte de 841 millions en 2024 et perte de 1569 millions en 2025.

L’incertitude dans les relations de travail a pesé lourd sur les résultats de 2025

Par rapport à 2024, les revenus totaux ont diminué de 315 millions de dollars ou de 4,7 %. Les grèves et l’incertitude dans les relations de travail ont eu une incidence marquée sur les résultats des secteurs d’activité Colis et Marketing direct en 2025. De son côté, le secteur Courrier transactionnel a profité d’une augmentation des tarifs d’affranchissement et a connu une hausse temporaire des volumes. La section qui suit présente les résultats des secteurs d’activité en 2025 par rapport à ceux de l’année précédente.

  • Les revenus et les volumes du secteur Colis ont fortement diminué, soit de 30,1 % et de 32,6 %, respectivement. Cette baisse est principalement attribuable aux répercussions durables de l’arrêt de travail de 2024 et à l’incertitude persistante dans les relations de travail tout au long de 2025, la clientèle préférant se tourner vers d’autres fournisseurs de services de livraison. Des règles et des cadres en place depuis des dizaines d’années ont également limité la capacité de l’entreprise à rivaliser avec la concurrence. Compte tenu de l’incidence sur la clientèle, les volumes de colis perdus seront difficiles à récupérer. Il sera donc impératif que Postes Canada se modernise pour rivaliser dans un marché concurrentiel.
  • Les revenus et les volumes du secteur Courrier transactionnel ont augmenté de 26,2 % et de 2,4 %, respectivement. Le secteur d’activité a profité d’une l’augmentation des tarifs d’affranchissement en janvier 2025 et d’une hausse du volume provenant des envois électoraux et du traitement des envois accumulés à la suite de la grève nationale du quatrième trimestre de 2024. Malgré l’augmentation des volumes, ce secteur poursuivra son déclin, car les gens sont de moins en moins nombreux à utiliser ce service.
  • Les revenus et les volumes du secteur Marketing direct ont diminué de 4,5 % et de 9,8 %, respectivement. Les revenus ont diminué en raison de l’incertitude dans les relations de travail et des moyens de pression, y compris le boycottage de la livraison des articles Courrier de quartier de Postes Canada🅪 au deuxième trimestre de 2025.

Financement remboursable du gouvernement du Canada

Pour prévenir l’insolvabilité et veiller à ce que Postes Canada puisse poursuivre ses activités, le gouvernement du Canada a annoncé au début de 2025 qu’il mettrait à la disposition de la Société jusqu’à 1,034 milliard de dollars en financement remboursable au cours de l’exercice financier 2025-2026 du gouvernement. Les injections de fonds ont servi à couvrir les dépenses d’exploitation, permettant à la Société d’assurer la continuité des activités postales et une stabilité pour le personnel qui compte sur sa rémunération et ses avantages sociaux.

Postes Canada a commencé à recevoir ces fonds publics au troisième trimestre de 2025. Bien que la somme de 1,034 milliard de dollars visait à assurer le fonctionnement de la Société jusqu’à la fin de l’exercice du gouvernement se terminant le 31 mars 2026, le financement était insuffisant, en raison des répercussions de l’incertitude prolongée dans les relations de travail. Au début de 2026, le gouvernement a approuvé jusqu’à 1,008 milliard de dollars en financement remboursable additionnel.

Une transformation s’impose pour ne plus dépendre des fonds publics

Le plan de transformation que propose Postes Canada vise à mettre la Société sur la voie de l’autonomie financière à long terme en mettant en œuvre plusieurs initiatives, y compris la croissance des revenus et des mesures qui accroissent l’efficacité opérationnelle.

Pendant qu’elle travaille à améliorer sa rentabilité et retrouver son autonomie financière, un processus qui durera plusieurs années, Postes Canada prévoit continuer d’avoir besoin de financement du gouvernement pour permettre la transformation et soutenir ses activités. La Société demandera des montants supplémentaires, au besoin, pour demeurer solvable d’ici à ce que les avantages financiers de la transformation se concrétisent.

Pressions financières liées au grand déclin du courrier

Le déclin constant de la poste-lettres, conjugué à la croissance du nombre d’adresses de livraison au pays, représente l’un des principaux facteurs qui exercent des pressions financières sur la Société. Pendant plus d’un siècle, les lettres ont été la principale source de revenus du service postal. En 2006, les volumes ont atteint un sommet historique avec près de 5,5 milliards de lettres livrées au Canada.

Les volumes d’envois poste-lettres s’élevaient à 5,5 milliards en 2006, comparativement à 2 milliards en 2025

Les volumes de lettres étaient de 5,5 milliards en 2006. Les volumes de lettres étaient de 2 milliards en 2025.

Depuis, les volumes de lettres du régime intérieur ont chuté de 62 %, affectant les résultats de notre secteur Courrier transactionnel. Les gens peuvent constater cette baisse marquée dans leur boîte aux lettres. En 2006, le ménage canadien moyen recevait sept lettres par semaine, comparativement à deux en 2025.

Nos revenus issus du courrier diminuent, mais les coûts de livraison, eux, ne cessent d’augmenter. Le nombre d’adresses augmente constamment : plus de 200 000 nouvelles adresses s’ajoutent annuellement. En 2006, année où les volumes de courrier ont culminé, le Canada comptait 14,3 millions d’adresses postales; en 2025, il y en avait 17,8 millions, soit une augmentation de 25 %. Dans l’économie actuelle, un service postal conçu pour les lettres ne peut pas répondre aux besoins de la population canadienne de façon viable.

En 2006, les ménages canadiens recevaient en moyenne sept lettres par semaine, comparativement à deux en 2025

En 2006, les ménages canadiens recevaient en moyenne 7 lettres par semaine. En 2025, les ménages canadiens recevaient en moyenne 2 lettres par semaine.

Accent sur la croissance et les besoins modernes du Canada

La transformation de Postes Canada tient compte du virage dans la façon dont les gens et les entreprises utilisent le service postal. Le marché du cybercommerce canadien devrait doubler au cours des 10 prochaines années. Dans cette optique, nous recentrons nos activités sur la croissance. La transformation que nous proposons vise à offrir un service postal moderne conçu pour la livraison des colis, soit un service qui répond aux besoins actuels et futurs de la population et des entreprises canadiennes.

La réalisation de ce projet de transformation essentiel permettra de renforcer le service postal, de mieux soutenir les entreprises et de favoriser le commerce à l’échelle nationale, tout en nous aidant à remplir notre double mandat, qui consiste à servir toute la population canadienne d’une manière financièrement viable.

Coûts d’exploitation

Les coûts d’exploitation de Postes Canada ont légèrement augmenté en 2025 : une hausse de 19 millions de dollars, ou 0,6 %, par rapport à l’année précédente. Malgré des économies découlant de la baisse des volumes, les coûts de main-d’œuvre ont augmenté de 212 millions de dollars, soit 6,1 %, en raison des hausses salariales et d’une structure organisationnelle inefficace. Les autres charges d’exploitation ont diminué de 175 millions de dollars, soit 7,5 %, par rapport à 2024, la baisse des volumes de colis s’étant traduite par une réduction des dépenses, notamment dans les transports. Les coûts d’investissement autres qu’en capital ont diminué, puisque Postes Canada a continué de redéfinir ses priorités en matière d’investissement.

Répartition des dépenses d’exploitation – 2025

Composantes des dépenses d’exploitation en 2025: main-d’œuvre et avantages du personnel, 67,4%; levée, traitement et livraison hors main-d’œuvre, 14,7%; immobilier, installations et entretien, 3,6%; vente, administration et TI, 6,8%; investissements autres qu’en capital, 2,5%; et amortissement, 5%.

La Société a continué de chercher des façons de réaliser des gains d’efficacité et de contrôler les coûts sans affecter le service. Citons, par exemple, la réduction de 10 % du personnel cadre en 2025, un gel de l’embauche externe et des réductions dans d’autres secteurs de dépenses comme les déplacements, les services de consultation et contractuels et les investissements non essentiels.

Nos activités nécessitent beaucoup de main-d’œuvre; les charges liées à la main-d’œuvre et aux avantages du personnel représentaient 67,4 % du total des charges d’exploitation en 2025. Les restrictions imposées depuis des décennies, par l’entremise des conventions collectives et des cadres réglementaires et stratégiques désuets, ont une incidence sur la capacité de la Société à se transformer et à gérer efficacement les coûts liés à un modèle d’exploitation inefficace et nécessitant beaucoup de main-d’œuvre.

Améliorer la compétitivité et accroître la productivité des opérations

S’ils sont ratifiés, les projets de règlement entre Postes Canada et le STTP contribueront à améliorer les revenus et la rentabilité de l’entreprise. Les projets de règlement offrent une flexibilité accrue pour rivaliser sur le plan des prix, de la qualité et du rendement, tout en renforçant la capacité de l’entreprise à reconquérir sa clientèle. Ils contribueront aussi à l’efficacité des opérations en offrant une plus grande flexibilité en matière de dotation grâce à des postes à temps partiel, une réduction du recours aux heures supplémentaires et une augmentation de la productivité par rapport aux coûts de main-d’œuvre.

En s’appuyant sur la décision du gouvernement du Canada de lever les restrictions réglementaires et stratégiques, les mesures de transformation que propose la Société accroîtront l’efficacité opérationnelle et aideront à contrôler ses coûts d’exploitation. Les initiatives comme la conversion à la livraison centralisée (boîtes postales communautaires) des adresses qui reçoivent toujours la livraison à la porte, l’actualisation des normes de service de la poste-lettres, l’amélioration continue et la réduction de l’effectif par attrition permettront de réaliser des économies supplémentaires (voir Adapter notre réseau au Canada d’aujourd’hui).